L'actu du directeur

Your awesome Tagline

Notes

Education ou réformes? Le faux débat

Et voilà, déjà sur la route du retour… On a bien sûr envie d’en faire plus, d’accompagner plus longtemps nos amis d’AI Burkina, et toutes celles et tous ceux qui se battent finalement pour une meilleure condition de la femme dans le pays. Et surtout pour plus d’égalité et moins de discriminations. Car comme nous le racontait un des plus fameux obstétriciens du pays, le Professeur Akotionga, une jeune fille s’est encore récemment fait chahuter parce qu’elle osait demander dans un congrès professionnel un meilleur accès à la contraception. Comment est-ce possible de la part de professionnels, de personnes qui sont confrontées tous les jours aux dégâts occasionnés par une politique contraire ? C’est évidemment le poids de la tradition. Comme il nous l’a raconté lui-même, lorsqu’il parlait de l’excision dans les années 90, le Professeur Akotionga devait s’enfuir en se protégeant avec des chaises… Aujourd’hui les choses ont quand même évolué, et il plus rare qu’une jeune fille qui meurt sans être excisée le soit avant d’être enterrée, par exemple.

Un des débats intéressant est celui de l’éducation. Elle est nécessaire, bien sûr, indispensable évidemment. Mais elle est aussi souvent utilisée  comme une excuse pour ne prendre aucune mesure dans l’immédiat ; pourtant, si l’on attend un meilleur accès à l’éducation des petites filles pour accorder la gratuité des moyens contraceptifs, on n’est pas sortis de l’auberge. Il faut changer les choses ici et maintenant, tout en améliorant le système éducatif (et notamment l’éducation sexuelle et sur les droits humains en général). Autre débat qui agite les professionnels : celui de la gratuité, justement. Certains avancent que la gratuité (ou quasi gratuité) des moyens contraceptifs contribue à dévaloriser ces derniers. De même, certains estiment qu’il faut exiger une part contributive de la patiente, même minime, pour qu’elle — et ses semblables— prennent au sérieux ces soins. Or, les études scientifiques qui ont été menées ces dernières années montrent à suffisance l’impact immédiat de la gratuité (qui a d’ailleurs été promise par le Président). Cette constatation se heurte a priori à la nécessité de faire vivre les professionnels des centres de santé, dont certains sont parfois tentés d’exiger des parts contributives pour des prestations ou des médicaments qui devraient ou seront gratuits. Les experts rétorquent à cela que la gratuité augmentera le nombre de visites et partant les revenus des professionnels, puisqu’ils seront rémunérés à l’acte (par le gouvernement). Et cela a été vérifié scientifiquement dans les zones de test.

Mais encore une fois, tant que les femmes ne pourront pas revendiquer (et obtenir) le droit à disposer de leur corps… On va donc encore taper sur la clou au Sommet de la Francophonie à Montreux, tout prochainement.

Posted via email from Le blog du directeur | Comment »