L'actu du directeur

Your awesome Tagline

0 notes

En direct du Burkina

Dans le cadre de sa campagne sur la dignité, Amnesty s’est lancée dans des actions liées à la mortalité maternelle (un des objectifs du Millénaire — PMD). En effet, pour Amnesty, la lutte contre ce fléau (une femme en meurt toutes les 90 secondes dans le monde) ne sera efficace qu’à la condition d’intégrer aux remèdes « classiques » (amélioration des centres de santé, augmentation des moyens, etc) une vraie lutte pour les droits humains et notamment la lutte pour les droits sexuels et reproductifs, en passant par une véritable abolition de toutes les discriminations à l’égard des femmes. 
Pour illustrer cette analyse (et changer les choses!) Amnesty a lancé depuis deux ans des actions dans différents pays: Pérou, Nicaragua, Sierra Leone et Burkina Faso. Des rapports ont été produits, des missions ont eu lieu sur le terrain et en début d’année avec le soutien de la section belge, une « caravane des droits humains » a sillonné le Burkina Faso, allant à l’écoute des femmes et les sensibilisant à la question de leurs droits fondamentaux. Une vidéo a d’ailleurs été produite par la section belge pour montrer tout le travail accompli durant cette caravane: <p>Mortalité Maternelle — Donner la vie en risquant la mort from Amnesty International Belgique on Vimeo.</p>
Cette caravane et le film qui fut projeté sur les ondes nationales  eurent un effet positif: le Président a décidé d’accorder la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Beau succès, donc, qui répondait à une partie des demandes qui se trouvaient dans le rapport d’AI sur  le pays (http://www.amnestyinternational.be/doc/article15765.html). Reste encore à ce que ces mesures soient réellement mises en oeuvre. Et c’est là qu’apparaît l’importance à la fois du suivi et de concepts liés aux droits humains comme l’obligation de rendre des comptes. Car  le gouvernement, pour responsable qu’il soit de la situation sanitaire dans le pays, n’est pas le seul en cause: un infirmier qui exige de l’argent pour un médicament gratuit, ce n’est pas normal. Or, beaucoup de femmes n’oseront pas le dénoncer, de peur de ne pas être soignée la prochaine fois.

Et puis, plus profondément, chacun sait que les choses ne changeront réellement que les lorsque les femmes auront réellement leur mot à dire, bref, lorsqu’elles bénéficieront de leurs droits sexuels et reproductifs. Cela inclut le pouvoir de dire non, de ne pas être mariée de force à 12 ans, et plus fondamentalement, qu’un terme soit mis à la discrimination à leur égard.
C’est pour cette raison qu’avec ma collègue de la section canadienne francophone, Béatrice Vaugrante, nous sommes venus donner un petit coup de main (mais apprendre aussi) à nos collègues de la section burkinabé. Présentation des outils de droit auxquels les femmes et association peuvent recourir, kit d’action, cahier du participant,… tout cela a été présenté et discuté dimanche à un panel de militant-e-s à Koudougou, une ville à 100km de Ouagadougou, qui n’avait pas été visitée par la caravane. Les débats furent enrichissants, et déboucheront à n’en pas douter sur des actions concrètes, tant en termes de recours contre la non-application du droit burkinabé (y compris des récentes décisions du Président), que du côté de l’égaité hommes-femmes.  Et à ce sujet, les discussions avec de petites associations d’entraide de femmes nous ont montré tout le potentiel qu’elles recelaient pour progresser sur ce thème.
De retour dans la capitale, nous allons ce mardi tenir le même séminaire avec les coordinateurs et le staff de la section burkinabé.

Posted via email from Le blog du directeur | Comment »