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En Russie, le climat d’impunité et les attaques contre les journalistes réduisent la presse au silence

La photographie de cette femme aux cheveux blancs et portant des lunettes est devenue l’emblème des défenseurs des droits humains dans le monde entier. Elle symbolise les risques auxquels les journalistes militants sont confrontés en Russie. Il y a cinq ans, la journaliste d’investigation Anna Politkovskaïa, qui écrivait des articles extrêmement critiques à l’égard du Kremlin et des actions militaires russes en Tchétchénie, a été tuée par balles dans l’ascenseur de son immeuble, à Moscou.
Ce meurtre a attiré l’attention internationale sur les violences dont sont victimes les journalistes en Russie, et éveillé de nombreux soupçons quant au fait que des représentants de l’’État aient pu commanditer cet assassinat.

Roustam Makhmoudov, l’homme soupçonné d’avoir tiré sur la journaliste, a été arrêté en mai dernier en Tchétchénie, d’où il est originaire. Une autre personne liée au meurtre a été arrêtée au mois d’août. Il s’agit d’un ancien haut responsable de la police russe. Bien que l’enquête suive son cours, les autorités russes n’ont encore reconnu aucun coupable dans cette affaire, et de nombreuses questions restent sans réponse, notamment concernant les commanditaires de ce meurtre. Comme l’a dénoncé Amnesty International à plusieurs reprises, peu d’initiatives sont prises pour faire cesser les menaces qui pèsent sur les journalistes russes et garantir que les attaques dont ils sont victimes fassent l’objet d’enquêtes sérieuses.

Elena Milachina, journaliste et ancienne collègue d’Anna Politkovskaïa au journal Novaïa Gazeta, affirme que la situation des journalistes et des défenseurs des droits humains s’est aggravée depuis l’assassinat d’Anna Politkovskaïa. « Le nombre de journalistes et de militants des droits humains victimes de meurtres et d’agressions ne cesse d’augmenter d’année en année. Mais ces crimes ne font que très rarement l’objet d’enquêtes », déclare-t-elle.

D’après Elena Milachina, le meurtre d’Anna Politkovskaïa a réduit au silence de nombreux journalistes russes. « Depuis ce qui est arrivé à Anna, les journalistes russes ont peur de s’exprimer. Nombre de mes collègues ont exposé publiquement leurs craintes de poursuivre leur travail. Ils ont peur de parler de la corruption, de raconter la vérité », ajoute-t-elle.

Le Comité pour la protection des journalistes a indiqué que 22 journalistes et professionnels des médias avaient été tués en Russie entre 2000 et 2010.
Elena Milachina a été victime d’une agression alors qu’elle couvrait les événements consécutifs à la prise d’otages de Beslan, en 2004. Elle a réussi à échapper à ses agresseurs. Mais deux semaines plus tard, une de ses collègues, qui travaillait sur le même sujet, a été attaquée par des voyous qui l’ont violemment frappée à la tête. Les journalistes ont signalé les faits à la police, mais aucune enquête n’a été ouverte. Elena Milachina compare l’actuel paysage médiatique russe à celui de l’Union soviétique de la fin des années 1970 et du début des années 1980, lorsque le pays connaissait une stabilité économique et politique relative, mais que les critiques envers le Kremlin étaient muselées.

Bien que la Novaïa Gazeta soit autorisée à publier des articles critiquant le gouvernement actuel, Elena Milachina estime que ce journal fait partie des quelques tribunes tolérées à titre symbolique par le Kremlin pour faire croire que la Russie n’est pas un régime autoritaire. « Bien entendu, la Russie a changé. Mais comme à l’époque soviétique, la majorité de la population est manipulée par la télévision publique, qui lui inflige un véritable lavage de cerveau. Ce pays compte 140 millions d’habitants, dont 70 % s’informent à partir de la télévision d’État », affirme la journaliste.

Pour Alexeï Simonov, président de la Fondation pour la défense de la glasnost (organisation défendant la liberté des médias), le principal problème est que les journalistes russes s’intéressent de moins en moins à la corruption ou aux atteintes aux droits humains car leurs révélations ne changent rien à la situation. Il est rare qu’une enquête journalistique débouche sur un jugement ou une condamnation. Ceux qui bafouent les droits humains sont souvent autorisés à poursuivre leurs activités en toute impunité. « Si vos articles n’ont aucune influence sur le climat politique de votre pays, à quoi bon les écrire ? Nous ne sommes pas entendus », déplore-t-il.
Il cite l’exemple de l’avocat Sergueï Magnitski qui travaillait pour un cabinet américain et est mort en prison après avoir été détenu pendant 11 mois sans inculpation et avoir subi des mauvais traitements.
Les militants des droits humains pensent que Sergueï Magnitski a été placé en détention pour avoir mis au jour une fraude fiscale massive, impliquant notamment des enquêteurs et des procureurs.

« Plusieurs journaux russes ont récemment publié la liste des personnes soupçonnées d’être responsables de sa mort – des avocats, des juges, des membres du personnel carcéral, etc. Mais aucune d’entre elles n’a fait l’objet d’une enquête », déplore Alexeï Simonov.
Il a peu d’espoir que l’élection présidentielle de 2012 apportent un quelconque changement. « Je ne pense pas que la situation puisse s’améliorer en Russie. Pendant l’élection, il y aura bien une petite fenêtre de liberté. Mais aussitôt le scrutin terminé, cette fenêtre sera refermée », ajoute-t-il.

Amnesty International considère que les autorités russes contribuent délibérément à instaurer un climat d’hostilité envers les journalistes et les défenseurs des droits humains.
« Officiellement condamnées, les attaques visant les journalistes sont en fait tolérées par les institutions, a déclaré John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. « Si la Russie entend devenir l’État de droit auquel va aspirer la prochaine génération post-soviétique, alors cette tendance doit être renversée rapidement. »

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Manifestation pour Troy Davis, 16/10/2011

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 Demain matin Amnesty tentera, une fois de plus, d'éviter que Troy Davis soit exécuté aux USA. Cet homme, dont le procès pour meurtre fait l'objet de nombreuses critiques, a déjà subi trois dates d'exécution, év itées chaque fois de justesse, grâce essentiellement à l'action d'Amnesty et d'autres abolitionnistes. La nouvelle date, c'est le 21 septembre. Ce sera vraisemblablement la dernière, plus aucun recours judiciaire n’étant possible. Cela se passera, si ça se passe, à 19h00 chez nous. En commun avec les autres sections d'Amnesty, nous organisons une journée d'action demain qui vise à influencer les autorités de son état, qui peuvent encore décider de le gracier. Si vous avez le temps et l'envie, vous serez les bienvenus sur les marches du Palais de Justice, place Poelaert, de 10h30 à 11h30.
 

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“Marche des salopes”: des Indiennes dans la rue contre les violences sexuelles

NEW DELHI 31/07 (AFP) = Des centaines de femmes ont défilé dimanche à New Delhi pour la première “marche des salopes” jamais organisée en Inde, visant à alerter l’opinion sur une hausse inquiétante du nombre d’agressions sexuelles et l’accroissement de l’insécurité.
Au cours des “marches des salopes” qui ont lieu dans d’autres pays - plusieurs ont déjà été organisées à Séoul, Londres ou Boston -, les femmes s’habillent de façon volontairement provocante, pour tourner en dérision l’idée selon laquelle les victimes d’agressions sexuelles ne doivent s’en prendre qu’à elles-mêmes. Mais dans la capitale indienne, la plupart des femmes qui participaient à la manifestation avaient opté pour des tee-shirts et des pantalons, jugeant la cause encore plus importante que la tenue vestimentaire. “Il est temps pour les femmes en Inde de s’exprimer et de lutter pour leur propre sécurité. Les Indiennes ne sont pas des salopes et les hommes n’ont pas le droit de nous traiter comme telles”, a déclaré à l’AFP Ashima Awal, une étudiante âgée de 22 ans. Selon une étude menée en 2010 par la municipalité de New Delhi, l’ONU et le groupe de défense des droits des femmes Jagori (“Femmes, réveillez-vous” en hindi), 85% des femmes craignent d’être harcelées et 45% évitent de sortir seules à la nuit tombée. “Même si nous sommes couvertes de la tête aux pieds, nous sommes agressées. Les hommes nous agressent dans n’importe quelle circonstance”, regrette Raksha Gupta, une femme au foyer qui a pris part à la marche en compagnie de son mari. “Peloter les femmes et les regarder avec insistance dans les lieux publics est un sport national dans la capitale, bien des hommes pourraient gagner une médaille d’or dans ce domaine”, constate Uma Jaysingh, une étudiante qui utilise les transports publics pour se rendre à l’université. ./.

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Plus de la moitié des pays ne punissent pas le viol dans le couple (rapport ONU femmes)

NEW YORK 06/07 (AFP) = Plus de la moitié des pays ne punissent toujours pas le viol dans le mariage et près du tiers restreignent les droits des femmes à l’avortement, dénonce ONU femmes dans son premier rapport sur l’état de la condition féminine dans le monde publié mercredi.
L’étude assure ainsi que 127 pays ne punissent pas le viol au sein du couple, que 61 pays restreignent les droits des femmes à l’avortement, mais aussi qu’en règle générale il y a une différence de 10 à 30% dans les salaires versés aux femmes comparés aux hommes. ONU femmes, qui a pris ses fonctions le 1er janvier 2011, est une nouvelle entité de l’ONU qui rassemble les activités de plusieurs organes des Nations unies déjà existants concernant les droits des femmes dans le monde. Elle est présidée par l’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet. “En dépit de progrès majeurs dans les lois, des millions de femmes font état de violences dans leur vie, en général de la part de leur partenaire”, souligne ce premier rapport annuel. La nouvelle agence assure en outre que “quelque 600 millions de femmes, soit plus de la moitié de celles travaillant, sont cantonnées dans des emplois vulnérables et peu sûrs, souvent en dehors de toute législation”. “La non divulgation des crimes contre les femmes est un grave problème dans toutes les régions” du monde, relève encore ONU femmes. Dans 57 pays, des études sur la criminalité montrent qu’en moyenne 10% des femmes ont été victimes d’agressions sexuelles, mais seulement 11% en font état. L’étude rappelle que la violence sexuelle est utilisée depuis des siècles comme arme de guerre. “Elle est utilisée contre les populations civiles afin de transmettre délibérément le HIV avec pour objectif la contamination forcée, les déplacements de population et la terreur sur des communautés entières”.

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Des associations de défense des droits humains manifestent contre la répression en Syrie

BRUXELLES 02/07 (BELGA) = Amnesty International, le Comité contre la Répression en Syrie, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et d’autres associations de défense des droits humains, ont manifesté samedi devant l’ambassade de Syrie à Bruxelles pour dénoncer la répression sanglante de la contestation en Syrie et réclamer le libre accès pour les organisations humanitaires aux zones de conflit.
Une centaine de manifestants ont rallié l’appel d’Amnesty International, du Comité contre la Répression en Syrie et de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme notamment, en manifestant à 11h00 devant l’ambassade de Syrie pour dénoncer la répression violente de la contestation par le régime du président syrien Bachar el-Assad. De nombreux manifestants ont enfilé des gants rouges pour symboliser le sang qu’ont les membres du gouvernement syrien sur leurs mains en se livrant depuis le 15 mars (début de la contestation syrienne) à de nombreuses exactions sur les opposants. Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International Belgique, a rappelé les objectifs principaux de la manifestation: l’arrêt immédiat de la répression violente orchestrée par le régime syrien, le gel des avoirs du gouvernement syrien, le libre accès pour les organisations humanitaires aux zones de conflit et la mise en place d’une enquête internationale sur les exactions commises depuis le début du soulèvement.
La libération des prisonniers d’opinion et l’arrêt de la torture des opposants au régime, ont également compté parmi les revendications des manifestants. ./. CLA/

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Vietnam: l’injection, nouvelle méthode d’exécution à partir du 1er juillet

HANOI 27/06 (AFP) = Le Vietnam, où la peine de mort est toujours appliquée, remplacera les pelotons d’exécution par l’injection à partir de jeudi, a indiqué lundi un responsable.
“La loi sur les exécutions par injection létale à la place des pelotons d’exécution dans les affaires de condamnation à mort entrera en vigueur le 1er juillet dans tout le Vietnam”, a précisé ce responsable du ministère de la Sécurité publique sous couvert de l’anonymat.
L’Assemblée nationale, qui voulait une méthode d’exécution “plus humaine”, avait adopté cette loi en juin 2010.
La plupart des condamnations à mort au Vietnam sont prononcées contre des trafiquants de drogue et des meurtriers.
Il n’existe pas de statistiques officielles mais selon les médias d’Etat, 19 personnes ont été condamnées à mort et 4 exécutées depuis le début de l’année.
Amnesty International a appelé le Vietnam à abolir la peine de mort, soulignant que changer de méthode n’était pas une solution à “l’inhumanité” de la punition. ./. VAD/

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Rassemblement d’Amnesty à Bxl contre l’exportation de matériel de torture depuis l’Europe

BRUXELLES 25/06 (BELGA) = Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Bruxelles à l’occasion de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture. A l’origine de ce rassemblement, Amnesty International a notamment appelé à écrire au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, afin d’obtenir un renforcement de l’interdiction d’exportation de matériel pouvant servir à des actes de torture.
   ”Il s’agit notamment de poucettes (chaînette avec lesquelles sont attachés les pouces de certains prisonniers) ou de produits, fabriqués en Europe, servant, aux Etats-Unis, aux exécutions capitales par injection létale”, a expliqué Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. 
     Les militants rassemblés samedi ont par ailleurs tenu à dénoncer l’attitude de dirigeants qui tentent, en la redéfinissant, de légitimer la torture, interdite par une convention des Nations-Unies datant de 1984. “Ainsi, la simulation de noyade, notamment utilisée à Guantanamo, n’est pas considérée comme de la torture par les Etats-Unis”, a souligné Philippe Hensmans. “Il y a aussi l’outsourcing pratiqué par certains pays qui envoient leurs détenus se faire torturer dans des pays comme l’Egypte ou le Maroc”, a-t-il ajouté.
     Durant les prochaines semaines, Amnesty International valorisera ses “actions urgentes” lors desquelles les militants écrivent, dès l’enfermement d’un prisonnier d’opinion, aux dirigeants d’un pays dans lequel il risque d’être victime d’actes de torture. “Ce type d’action, nous en réalisons trois ou quatre par jour, permet à ces prisonniers d’éviter la torture dans environs 30% des cas”, a indiqué Philippe Hensmans.
     En Belgique, Amnesty International plaide, aux côtés de la Ligue des droits de l’Homme, en faveur de la création d’une institution nationale chargée de veiller au respect de la Convention de l’ONU. Certaines mesures d’isolement prises dans les prisons belges peuvent être considérées comme des traitements inhumains ou dégradants au sens de la Convention, a fait valoir le directeur de l’ONG.
     Les militants étaient rassemblés samedi au Mont des Arts à Bruxelles où était organisée une exposition de panneaux. 
      ./. OCH/COC/./.
251816 JUN 11

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